« Positive revolution »

La société française, comme bien d’autres, repose sur l’évaluation et la compétition. Qui le lui reprocherait ? Le monde capitaliste et libéral n’est-il pas ainsi fait ? Cependant, la pédagogie « à la française », loin de promouvoir les qualités pour enjoindre à progresser, a souvent l’habitude de se concentrer sur le négatif, les difficultés, les problèmes, de sorte qu’elle sape d’emblée les bonnes énergies. En outre, les neurosciences ont fait apparaître que le cerveau humain retient davantage les éléments négatifs, les traumatismes, les déceptions. Il est aussi davantage porté vers une critique négative des personnes. On connaît tous les écueils d’une telle pédagogie : démotivation, désengagement, enfermement sur soi… Pourtant, l’émergence des Happiness Chief Officer, l’attention portée à la qualité de vie au travail, l’exigence de sens devrait nous faire réfléchir à la manière d’insuffler de l’envie, de l’enthousiasme et de la confiance dans nos relations aux autres dans l’entreprise et au-delà.

Penser positif

Il est essentiel de garder en mémoire que la pensée positive n’est pas la pensée miraculeuse ; il ne suffit pas de mettre un babyfoot ou un service de pressing en place pour que les employés (re)trouvent l’enthousiasme et la motivation. Le présentéisme et les burn-out à répétitions méritent qu’on s’attache à comprendre les raisons profondes de la démotivation ou de la crise. L’idée est avant tout d’aborder la question du management par le prisme du positivisme. Qu’est-ce qui va faire grandir ce collaborateur ? Comment je peux l’accompagner, le motiver, lui permettre de se dépasser ? Ces questions doivent conduire le manager dans son quotidien. Une fois qu’il se sera centré sur ce qui va bien chez les gens et dans une situation, il sera plus facile d’aller trouver de l’énergie pour aller vers ce qui va moins bien, ce qui mérite d’être amélioré.

Entamer sa révolution

On parle de révolution pour la Terre, il s’agit de décrire le phénomène qui fait qu’elle tourne sur elle-même. Entamer sa révolution, c’est donc tourner, changer de point de vue, être mobile pour opérer une mutation, un mouvement qui permettra d’appréhender les situations et de percevoir différemment les personnes qui nous entourent. Ce changement suppose de faire un choix. C’est une question centrale pour un manager. Si tout cela nécessite une impulsion première, une fois que l’habitude en est prise, repérer le positif devient naturel. Du point de vue de la neuroplasticité, le cerveau se remodèle, il perçoit plus rapidement et plus naturellement ce qui va bien. Nous le savons tous : choisir c’est renoncer, mais, au-delà, choisir, c’est aussi renouveler les possibles car le risque est toujours à penser comme une formidable opportunité.

Mettre en œuvre

Que ce soit au niveau individuel ou collectif, l’enjeu de cette révolution est de favoriser la confiance de chacun et de tous. En s’intéressant aux points forts de l’équipe ou d’un collaborateur, on capte une énergie positive qui permettra ensuite d’améliorer encore les qualités du groupe ou de la personne sans trop d’efforts et en conscience. Et, dans un second temps, le collectif ou la personne peut travailler à améliorer l’existant. L’essentiel est alors de porter son attention sur les progrès et de favoriser le développement de certains aspects.

Prendre conscience de ses points forts. Exploiter et investir pleinement ses qualités. Prendre confiance pour oser se tourner vers ce qui peut être amélioré. Tel est le pouvoir de la focalisation et du management par les points forts. Plus qu’une technique, c’est une aventure (positive) à vivre.